Vous maîtrisez le tableau, le différentiel, la mise aux normes. Vous installer à votre compte ajoute une couche que l'apprentissage n'enseigne pas : prouver votre qualification, respecter la NF C 15-100, passer le Consuel, et décrocher les certifications qui ouvrent les marchés rentables comme les bornes de recharge. L'électricité est un métier très encadré. Voici le parcours, dans l'ordre.

Pour créer son entreprise d'électricité, il faut une qualification (CAP électricien ou trois ans d'expérience), s'immatriculer, souscrire une assurance décennale, et travailler selon la norme NF C 15-100. Le Consuel est obligatoire avant tout raccordement d'une installation neuve ou rénovée. Une certification IRVE est requise pour installer des bornes de recharge de plus de 3,7 kW.

La qualification : obligatoire en électricité

L'électricité est une activité artisanale réglementée. Pour vous installer, il vous faut un diplôme du métier (CAP électricien, Bac pro MELEC, BTS électrotechnique ou titre équivalent) ou trois ans d'expérience effective. La micro-entreprise ne vous dispense pas de cette qualification.

Le tronc commun de la création (statut, immatriculation, assurances) est détaillé dans notre guide pour devenir artisan à son compte.

La norme NF C 15-100 et le Consuel

C'est le cœur réglementaire du métier. La norme NF C 15-100 régit la conception et la réalisation des installations électriques basse tension des logements : nombre de prises par pièce, protection des circuits, dimensionnement du tableau, sécurité de la salle de bains.

Sur une installation neuve ou entièrement rénovée, le raccordement au réseau passe par le Consuel, l'attestation de conformité. Sans elle, le gestionnaire de réseau peut refuser la mise en service. Le coût et le délai du Consuel sont à intégrer dans vos devis dès le premier chantier concerné.

Les habilitations électriques

Travailler sur ou à proximité d'installations sous tension suppose une habilitation, encadrée par la norme NF C 18-510. C'est l'employeur qui habilite ses salariés après formation. Pour vous, indépendant, l'habilitation reste une attestation de compétence très attendue par les donneurs d'ordre.

Une évolution récente : depuis le 1er octobre 2025, certaines opérations au voisinage de pièces nues sous tension exigent une attestation d'absence de contre-indication médicale, délivrée par un médecin du travail.

Les certifications qui ouvrent les marchés

Deux certifications changent votre périmètre commercial.

Qualifelec est une qualification d'entreprise reconnue, appréciée des clients et utile pour certaines démarches. Elle crédibilise votre offre.

La certification IRVE est obligatoire pour installer une borne de recharge de véhicule électrique de plus de 3,7 kW. Elle se décline en trois niveaux selon la puissance et les fonctions de la borne, et conditionne l'accès des clients aux aides. Avec l'essor du véhicule électrique, c'est un marché à fort potentiel pour un électricien qui démarre.

Pour le photovoltaïque, une qualification RGE spécifique est exigée pour que vos clients touchent les aides.

L'équipement de départ

Une caisse à outils de qualité démarre autour de 500 €. Pour un équipement professionnel plus complet — jeu de tournevis isolés, vérificateur d'absence de tension, pinces, dénudeurs, multimètre — comptez plutôt à partir de 2 000 €. Ajoutez le véhicule et un stock d'appareillage et de câble. Ces montants sont indicatifs.

La particularité de chiffrage : le point et la mise en conformité

L'électricien chiffre souvent au point : tant par prise, par interrupteur, par point lumineux, plus le tableau et la mise en sécurité. En rénovation, la mise aux normes NF C 15-100 est un poste à part entière, parfois sous-estimé.

N'oubliez pas d'intégrer le Consuel quand il s'applique. C'est un coût réel et incompressible sur les installations neuves ou rénovées entièrement.

Concrètement, votre devis se construit poste par poste : un prix par point d'éclairage, par prise 16 A, par interrupteur ou va-et-vient, par circuit spécialisé (plaque, four, lave-linge), auquel s'ajoutent le tableau et ses protections. La mise en sécurité d'une installation ancienne — différentiels, mise à la terre, liaison équipotentielle de la salle de bains — forme souvent un poste distinct, à valoriser à part. Sur du neuf ou une rénovation totale, ajoutez la redevance Consuel, dont le montant suit un barème officiel. Un devis qui agrège tout « au forfait » sans détailler ces points se défend mal face à un client qui compare, et sous-estime presque toujours la mise en conformité.

Le piège le plus fréquent

Oublier le Consuel dans le devis. Le chantier est chiffré, signé, réalisé, puis l'attestation s'avère nécessaire pour le raccordement : c'est un coût et un délai supplémentaires que personne n'avait prévus, et une discussion désagréable avec le client.

L'autre piège : passer à côté de la certification IRVE. Refuser un chantier de borne de recharge faute de certification, c'est laisser à un concurrent un marché qui ne fait que croître. Anticipez-la si vous visez ce créneau.

À retenir

Une fois lancé, votre quotidien tourne autour du chiffrage point par point et de la mise en conformité. SOCLE vous aide à bâtir ces devis sans rien oublier, Consuel compris.